Romain Gary Jean Seberg, un amour à bout de souffle par Pol-Serge Kakon

Lorsque j’ai vu ce livre en librairie, vous vous en doutez, je n’ai pas pu résister.

Sur l’auteur, lu sur le site de l’éditeur Hugo & cie : Pol-Serge Kakon, écrivain, auteur de chansons, peintre, court le monde entre concerts et expositions, mais revient toujours dans le Quartier Latin, où il a fondé voici près de quarante ans Le Bateau Ivre , qui a été un haut lieu de la chanson poétique. Il a publié trois romans qui ont enthousiasmé leurs lecteurs, La Porte du lion(Éd.Souffles), Kahén la Magnifique (Éd. de l’Instant), Rica la Vida (Éd. Actes Sud).

C’est la biographie de Romain Gary et de Jean Seberg à travers leur amour que l’auteur nous propose ici. Je n’ai jusqu’à maintenant pas lu de biographies de Gary (je ne suis pas une adepte du genre), mais il est vrai que cet auteur me fascine et que j’aimerais en savoir encore plus sur sa vie depuis que j’ai lu La promesse de l’aube et Chien blanc. Lire la suite

Chien blanc

Un récit rageur, véritable appel à l’indignation.

(Il me fallait bien ça pour succéder à Fahrenheit 451.)

C’est un récit autiobiographique (mais est-ce que tout est vrai ?) écrit en 1968, alors que Romain Gary vit aux USA avec Jean Seberg.

On se retrouve plongés au milieu de la lutte des noirs pour leurs droits civiques avec l’assassinat de Martin Luther King en point de mire, la guerre au Vietnam, et en France, « mai 1968″. Romain Gary va nous faire part de ces évènements avec comme toujours son regard humaniste et profondément indépendant. Lire la suite

Où j’ai déclaré ma flamme à Romain Gary

C’est la lettre que j’aurais aimé lui envoyer un jour si j’avais pu…(concours de la correspondance pour babelio)

Monsieur Gary,
C’est avec beaucoup de timidité et une très grande humilité que je vous adresse cette missive. En effet, vous m’impressionnez terriblement. Mais j’ai ces quelques mots à vous susurrer, doucettement au creux de l’oreille.
Où que vous soyez aujourd’hui, vous êtes toujours auprès de moi. Depuis que j’ai commencé à lire vos mots, ils n’ont jamais cessé de résonner en moi. Et j’ai la joie, que dis-je le plus grand bonheur, d’en avoir encore beaucoup à découvrir. Et je sais d’avance que ces moments là seront inoubliables.
J’ai découvert avec vos romans votre imagination redoutable, votre capacité à manier la langue française avec inventivité et votre style inimitable. Et votre sens de l’humour, parlons-en !
J’aime parce que vous n’hésitez pas à jouer avec le sens des mots, j’aime parce que vous n’hésitez pas à être grossier, j’aime parce que vous osez maltraitez la langue, j’aime parce que vous n’avez pas votre langue dans votre poche. J’aime parce vous êtes incroyablement sensible et vous parlez d’amour d’une manière si belle que j’en ai les larmes aux yeux rien que d’y penser.
Ah ça, vous m’avez fait pleurer mais je ne peux que vous en aimer davantage.
Avec cette autobiographie, vous me laissez encore plus admirative et curieuse de l’ensemble de votre œuvre et de votre vie si folle. Dans La promesse de l’aube vous donnez beaucoup de vous et en même temps si peu, si peu que le mystère s’épaissit encore. Tout semble si invraisemblable dans votre histoire qu’on peine à y croire et en même temps, on connait la vie incroyable que vous avez menée.
Mais au delà du récit de votre vie extraordinaire, vous y dressez surtout le portrait d’une femme, votre mère. Et quel portrait magnifique ! Vous êtes à mon sens l’un des rares hommes à avoir si bien su raconter la femme dans toute sa complexité et sa sensibilité.
Je ressens à l’écriture de ces mots une grande pudeur et une profonde émotion qui me submergent, si bien que je ne peux continuer, je me dois donc de vous quitter. Je n’ai qu’une hâte, renouer ce dialogue avec vous à travers votre œuvre magnifique et si riche où j’ai encore tant à découvrir.
Sachez que vos mots n’auront de cesse de me surprendre encore longtemps, je ne peux que vous dire merci d’avoir eu la générosité de les écrire.
(Sur la Promesse de l’aube)