Le tombeau de Romain Gary – Nancy Huston

Un livre écrit (en 1995) par une de mes auteurs préférés sur l’un de mes auteurs préférés. Forcément, je le chérie.

La vérité ? Quelle vérité ? La vérité est peut-être que je n’existe pas. Ce qui existe, ce qui commencera à exister peut-être un jour, si j’ai beaucoup de chance, ce sont mes livres, quelques romans, une oeuvre, si j’ose employer ce mot. Tout le reste c’est de la littérature. –

Romain Gary

Dans ce livre d’une centaine de pages, Nancy Huston rend hommage à Romain Gary et interroge l’homme à travers son oeuvre. Toute à la fois dure envers certains des écrits de l’auteur (dont elle dénonce les faiblesses comme les nombreuses répétitions par exemple) mais aussi admirative d’un homme qui n’a jamais accepté la facilité et qui a toujours lutté pour son indépendance, elle tente de comprendre l’homme et ses identités multiples. Elle met aussi en avant les profondes blessures de l’homme.

(…) Au lieu de te révéler un peu plus avec chaque livre que je lisais, chaque fait que j’apprenais, il m’a semblé que tu t’esquivais, te soustrayais et t’effaçais progressivement, non seulement parce que ton existence était striée de contradictions de toutes sortes, mais aussi parce que, d’un bout à l’autre de cette existence, tu as menti de façon invétérée, éhontée, superbe.

S’adressant à l’auteur par un « tu », elle égratigne l’homme rempli de contradictions, et sa relation complexe à sa mère mais aussi la folie qui l’a poussée à la création de son double Emile Ajar et jusqu’au suicide, mais c’est pour mieux révéler sa profonde admiration pour l’homme.

Oh Romain… Au vu de ton oeuvre – foisonnante, débordante, monumentale – et de ta vie, de toutes les nombreuses vies dont tu brûlas, tout romancier ne peut que se sentir minuscule, étriqué, myope.

Voici un livre touchant et en même temps analytique.

Grâce à mon amie Vicky, ce livre m’a été dédicacée par Nancy Huston (un grand merci !)


Interview dans « ELLE », septembre 2006

Nancy Huston : la personne à laquelle je m’identifie le plus, c’est Romain Gary… C’est un immense atout pour un romancier d’être de nulle part, parce que le roman naît lorsque l’on comprend que l’identité n’est pas une chose donnée. Il n’y a pas seulement en moi que les identités sont multiples, mais aussi chez le lecteur. Et je pense que le nombrilisme est une démission par rapport à ces fabuleuses possibilités de démultiplication dont bénéficie l’écrivain.

Avec ce livre, je continue d’explorer l’oeuvre de Romain Gary, en effet Nancy Huston évoque plusieurs des livres de Romain Gary que je n’ai pas encore lu & qu’il me tarde de découvrir.

Challenge Romain Gary

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